Le coût de revient constaté
Matière consommée et heures réellement passées se comparent au prix vendu. L'écart au prévu se lit ouvrage par ouvrage.
Par métier
Publié le 4 septembre 20265 min de lecture
Du relevé de cotes à la pose : fiche technique, ordre de fabrication, matière réservée, acompte à la commande et coût de revient constaté.
Klarvi relie les deux moitiés du métier : le commerce — devis sur mesure, acompte à la commande, délai annoncé — et l'atelier — fiche technique, nomenclature, ordre de fabrication, matière réservée puis consommée. À la fin, le coût de revient constaté se compare au prix vendu, ouvrage par ouvrage.
La difficulté d'un atelier de menuiserie n'est pas de fabriquer : c'est de savoir ce que la fabrication a coûté. Un meuble sur mesure consomme un panneau et demi, quatre heures de débit et d'usinage, deux heures de montage, une heure de finition et une demi-journée de pose. Aucun de ces chiffres n'apparaît sur la facture, et tous décident de la marge.
S'y ajoute une contrainte de trésorerie propre au métier : la matière s'achète avant d'être payée par le client. Entre la commande du panneau et l'encaissement du solde, il peut s'écouler deux mois. C'est ce qui rend l'acompte à la commande vital, et ce qui fait qu'un carnet de commandes bien rempli peut coexister avec un compte à sec.
Un troisième facteur décide de la rentabilité, et il est presque invisible : le délai annoncé. Un ouvrage promis en trois semaines et livré en six ne coûte pas seulement une relance, il coûte une pose replanifiée, une équipe qui attend, et un solde qui rentre un mois plus tard. La charge de l'atelier est donc un chiffre commercial autant qu'un chiffre de production : c'est elle qui dit ce qu'on peut promettre.
Matière consommée et heures réellement passées se comparent au prix vendu. L'écart au prévu se lit ouvrage par ouvrage.
Ce que cette page ne remplace pas
Les règles rappelées ici sont celles du métier, à la date de dernière vérification de cette page. Elles ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé : une situation particulière se tranche avec un professionnel du chiffre ou du droit.
Cotes, contraintes et photos se saisissent chez le client, sur le téléphone, et restent attachées à l'affaire.
L'ouvrage se chiffre depuis sa fiche technique. L'acompte demandé à la signature finance la matière.
La nomenclature déclenche la commande fournisseur de ce qui manque, et réserve ce qui est déjà en stock.
L'ordre de fabrication suit ses opérations : débit, usinage, montage, finition. Le temps réel se pointe.
La pose est planifiée comme une intervention. Le procès-verbal signé, la facture de solde part avec l'acompte déduit.
Sur le coût : un menuisier seul qui devise, facture et suit ses commandes tient dans l'offre gratuite. Le palier arrive avec l'atelier lui-même — fiches techniques, ordres de fabrication et stock de matière — c'est-à-dire au moment où l'entreprise a besoin de connaître son coût de revient, et non plus seulement son chiffre d'affaires.
Un panneau débité pour un seul meuble laisse une chute que personne ne valorise. Chiffrée dans la nomenclature, elle cesse d'être une surprise.
Ponçage, chants, quincaillerie et retouches : le temps de finition dépasse souvent le temps d'assemblage, et il est presque toujours sous-chiffré.
Un jeu de deux millimètres, un chant à reprendre : un aller-retour sur site coûte une demi-journée qui n'a été vendue nulle part.
Une charge d'atelier inconnue conduit à promettre des dates intenables, puis à replanifier des poses déjà annoncées au client.
Questions fréquentes
Oui. Une fiche technique se décline et se versionne : la commande déjà lancée garde la version qui l'a produite, et la nouvelle affaire part de la version à jour. C'est ce qui permet de retrouver, deux ans plus tard, comment un meuble avait été fabriqué.
Non : la réservation immobilise la quantité sans la sortir, et la consommation la retire réellement au moment de la fabrication. Le stock disponible reflète donc ce qui est libre, pas ce qui est physiquement présent.
En rapprochant trois chiffres que le devis ne contient pas : la matière réellement consommée, les heures réellement pointées et les achats imputés à l'affaire. L'écart au prévu se lit alors ouvrage par ouvrage, et pas seulement en fin d'exercice.
Non, et c'est voulu : la fabrication est un ordre d'atelier, la pose est une intervention planifiée chez le client, avec son rapport et sa signature. Les deux se rattachent à la même affaire et à la même facture.
La nomenclature de la fiche technique porte un taux de perte par matière : le panneau, le profilé et le chant sont comptés pour ce qu'ils consomment réellement, chute comprise. Le coût de revient estimé en tient compte dès le devis, et pas seulement au moment de constater l'écart.
Oui : les ordres de fabrication portent leurs opérations et leurs durées, ce qui donne la charge des postes et des machines par semaine. C'est le chiffre qui permet de répondre à un client sur un délai sans le deviner.
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