Établir le coût de revient complet
Achats, transport, main-d'œuvre au coût employeur, consommables, part de frais fixes. C'est le seul chiffre qui ne se négocie pas.
Calculatrice
Publié le 4 septembre 20263 min de lecture
Déterminez le prix de vente HT et TTC à partir du coût de revient et d'un objectif de marge ou de marque.
Pour atteindre un taux de MARQUE donné, le prix de vente vaut le coût de revient divisé par (1 − taux) : viser 30 % de marque sur un coût de 100 € demande de vendre 142,86 €, pas 130 €. Ajouter simplement le pourcentage au coût ne produit un taux de marge que sur le coût, ce qui est un objectif différent et plus faible.
Choisissez si votre objectif est un taux de marque ou de marge : le calcul n'est pas le même.
Le coût de revient n'est pas le prix d'achat : il comprend aussi le temps passé, les déplacements, les consommables et la part des frais fixes que l'affaire doit couvrir. Une marge calculée sur le seul prix d'achat paraît confortable et ne l'est pas.
L'erreur se raconte en une phrase. Une entreprise qui veut « 30 % de marge » ajoute 30 % à son coût de revient et vend 130 €. Elle obtient bien un taux de marge de 30 %, mais un taux de marque de 23 % seulement — c'est-à-dire que 23 % du prix de vente lui reste. Si c'était la marque qu'elle visait, elle aurait dû vendre 142,86 €, soit près de treize euros de plus par unité. Sur mille unités, l'écart se compte en milliers d'euros.
Le second sujet est le point mort, qu'aucun calcul de prix ne remplace. Une marge unitaire ne dit rien tant qu'on ne l'a pas confrontée aux frais fixes : si l'entreprise supporte quatre mille euros de charges mensuelles et dégage cinquante euros par affaire, elle doit en signer quatre-vingts pour ne rien perdre. C'est ce nombre-là, et non le pourcentage, qui dit si le prix tient.
Enfin, un prix ne se déduit jamais entièrement d'un coût. Le marché, la valeur perçue et la position des concurrents décident autant que la formule. Le calcul sert à connaître le PLANCHER — le prix en dessous duquel l'affaire vous coûte de l'argent — et cette information-là est rarement présente dans les entreprises qui fixent leurs prix « comme les autres ».
Achats, transport, main-d'œuvre au coût employeur, consommables, part de frais fixes. C'est le seul chiffre qui ne se négocie pas.
Marque ou marge : la formule diffère, et l'écart entre les deux vaut plusieurs points de rentabilité.
Combien d'affaires faut-il signer pour couvrir les frais fixes du mois ? Si le nombre paraît hors d'atteinte, c'est le prix qu'il faut revoir.
Un prix plancher inférieur à celui des concurrents laisse le choix. Un prix plancher supérieur signale un problème de coût, pas de politique tarifaire.
Questions fréquentes
Du coût de revient. Le prix d'achat ne couvre ni le temps passé, ni les déplacements, ni les frais fixes. Un prix bâti sur lui seul paraît rentable et ne l'est pas, et l'écart ne se voit qu'à la clôture.
En divisant le coût de revient par 0,70, et non en le multipliant par 1,30. La division donne 142,86 € pour un coût de 100 € ; la multiplication donne 130 €, soit 23 % de marque seulement.
Le raisonnement se fait en hors taxes ; la TVA s'ajoute ensuite au taux de l'opération. Elle n'entre ni dans le coût ni dans la marge, puisqu'elle ne fait que transiter par votre entreprise.
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