Comparer ce qui se compare
Deux taux ne se comparent qu'à base identique. Le taux de marque d'un concurrent et votre taux de marge décrivent deux choses différentes.
Calculatrice
Publié le 4 septembre 20263 min de lecture
Marge brute, taux de marge, taux de marque et coefficient multiplicateur à partir du coût d'achat et du prix de vente.
Le taux de marge rapporte la marge au prix d'achat ; le taux de marque la rapporte au prix de vente. Le coefficient multiplicateur, lui, est le rapport entre le prix de vente et le prix d'achat. Les distributeurs raisonnent en marque, les artisans en marge : vérifiez lequel votre interlocuteur emploie avant de discuter un pourcentage.
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Ces deux taux sont constamment confondus, et l'écart n'est pas anodin : une marge de 50 € sur un achat à 100 € vaut 50 % de marge mais 33 % de marque. Les distributeurs raisonnent en marque, les artisans en marge. Vérifiez lequel votre interlocuteur emploie avant de négocier.
Les trois indicateurs décrivent la même réalité et n'ont pas la même utilité. Le taux de MARGE répond à « combien ai-je gagné par rapport à ce que j'ai dépensé » : c'est la question de celui qui achète pour revendre, ou qui fabrique. Le taux de MARQUE répond à « quelle part de mon prix de vente m'est restée » : c'est la question de celui qui pilote un chiffre d'affaires, et celle que posent les enseignes.
Le coefficient multiplicateur est le plus opérationnel des trois, parce qu'il s'applique directement : un coefficient de 1,5 signifie qu'on vend cinquante pour cent plus cher qu'on a acheté. Beaucoup de métiers travaillent avec un coefficient de référence par famille de produits, et l'ajustent à la marge à partir de là.
Le piège n'est pas dans les formules, il est dans la base de calcul. Une marge calculée sur le seul prix d'achat ignore le temps passé, les déplacements, les consommables et la part de frais fixes que l'affaire doit couvrir. Elle paraît alors confortable là où l'entreprise travaille en réalité à l'équilibre. Le coût de revient, lui, comprend tout cela — et c'est lui qu'il faut mettre dans la case.
| Indicateur | Formule | Achat 100 €, vente 150 € |
|---|---|---|
| Marge brute | vente − achat | 50 € |
| Taux de marge | marge ÷ achat | 50 % |
| Taux de marque | marge ÷ vente | 33,33 % |
| Coefficient multiplicateur | vente ÷ achat | 1,5 |
Deux taux ne se comparent qu'à base identique. Le taux de marque d'un concurrent et votre taux de marge décrivent deux choses différentes.
Un taux élevé sur un petit volume ne paie pas les frais fixes. C'est la marge totale de la période qui les couvre, pas le pourcentage unitaire.
S'il ne contient que le prix d'achat, tous les indicateurs sont surévalués, et l'écart ne se voit qu'à la clôture.
Questions fréquentes
La base de calcul. Le taux de marge divise la marge par le prix d'achat, le taux de marque la divise par le prix de vente. Sur un achat à 100 € revendu 150 €, cela donne respectivement 50 % et 33,33 % — le même euro de marge, deux pourcentages différents.
Celui que votre interlocuteur emploie. La distribution raisonne en marque parce qu'elle pilote un chiffre d'affaires ; l'artisanat et l'industrie raisonnent en marge parce qu'ils partent d'un coût. Un accord conclu sur « 30 % » sans préciser lequel se paie plus tard.
En hors taxes, toujours. La TVA n'est ni un produit ni une charge : elle transite. La calculer dans une marge gonfle artificiellement les deux côtés et fausse la comparaison entre deux produits à taux différents.
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